les titans
Les titans
Traverser les années en chargeant tant de bibliothèques, tant d’images et de sens…
Il faut bien en laisser quelque chose.
Si l’entreprise est immense et tout ce qui est publié, dérisoire, je crois que les messages sont peut-être parfois des planches de salut pour ceux qui sont mal.
Mon aventure m’appartient mais la cohérence est un immense chantier. Je veux dire aux jeunes en croissance et dont le cœur implose que c’est encore jouable.
Je veux leur dire qu’ils doivent suivre un labyrinthe étrange au cœur duquel se tient un vrai trésor.
Le jeu vaut la chandelle et l’oie et la prière.
C’est un parcours pour les titans qui transperce l’histoire :
L’enfant, ses maux de dents
L’enfant qui grimpe aux arbres et chante seul dans sa jeune folie
Puis les monstres et le déni de Dieu.
Le grand déchirement. La pluie de l’age où tout bascule : 15 ans.
Pas de mots pour ça ; c’est cruel, absurde et merveilleusement nécessaire.
Ceux qui sortent du lac, ceux qui prennent l’épée de la Dame, sauvent leur âme.
D’autres sont fossoyés, ils resteront des masques et des ombres…
Tout se joue contre le vent adolescent.
J’ai vu ceux qui partent en fumée. J’ai vu ceux qui glissent et deviennent comme leurs parents. Ceux qui ont tout perdu très vite.
La foi, les convictions ne sont pas suffisantes. Il faut garder sa folie d’enfant intacte et la cacher au monde éblouissant.
Garder la possibilité de lâcher prise et de tout mettre en jeu.
Cet art premier face aux falaises du cœur, des autres, et du temps
(Trop pophage)
C’est être titan.
Les armes sont la musique (votre parcours musical) vos dessins, vos écrits, manifestes du moi qui tend vers le soi.
Les armes sont les mots, comme dirait Lavilliers : « j’ai forgé de mes mains… J’ai limé le creux des évidences… »
Merci à tous les passeurs de mots, de musique qui ont aidé ma propre traversée adolescente. J’étais prophète des calanques et seul avec mon âme bleue.
J’écoutais, BRANDUARDI, PHIL COLLINS, WAGNER, KATE BUSH et les WHO.
Le premier 33T que j’ai posé sur la platine de 5 KG s’appelle « wish you were here » des PINK FLOYD.
Ma nostalgie sert d’outil, de larmes et d’éveil pour ceux qui rament dans ces eaux brûlantes. Je dis que nous, les vieux pères et mères de 40 ans, avons traversé comme vous et RIMBAUD, rivés au radeau ivre, les mêmes Sargasses !
A vous ! Jeunes titans !


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